• Présentation Petite Mise au point

    Emissions à venir :

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    Emissions des dernières semaines :

    14 septembre 2020 La mouche qui rêvait d’être une guêpe ! Les Papillons de Müller et les mouches de Bates

    Il y a des saisons d’amour. De ces moments intenses où la Nature semble pleines de toutes les exubérances. On imagine bien que chacun, noyé d’hormones et de désirs, ferait de son mieux pour séduire et obtenir la plus belle des descendances. Le darwinisme lui-même reste fondé sur cette hypothèse, chacun chercherait d’abord à diffuser le plus possible de ses gènes, à obtenir la progéniture la plus nombreuse. Le cerf bramerait pour diffuser le plus possible de ses gènes, la femelle de la mésange choisirait le meilleur géniteur pour sa couvée et même l’improbable lucane se battrait jusqu’au bout pour multiplier sa progéniture. Toutes les adaptations seraient le résultat évolutif de cette amélioration en marche, chaque organe du corps permettrait ainsi un progrès dans cette tentative mille fois répétée, se reproduire encore, persister, proliférer, développer une progéniture plus abondante. Selon les principes d’une évolution darwinienne, chaque comportement optimiserait ainsi la reproduction des espèces pour toujours mieux diffuser les gènes et les descendants. Il n’est pas un organe, un comportement ou un individu qui se lasserait de cette antienne darwiniste, chaque espèce doit produire le plus de descendants possibles et chaque individu est tendu par ce challenge intense, obtenir la plus grande descendance possible, transmettre le plus de ses gènes.
    Il est alors curieux de constater que les êtres vivants ne doivent pas nécessairement tout faire pour propager leur espèce.
    Il y a ceux des espèces qui déjà réduisent leur progéniture pour lui accorder plus de soins, s’investir pour protéger leurs descendants et favoriser leur survie. C’est ici le sens de l’étrange paradoxe de Cole, qui révèle que les espèces les plus récentes font moins de petits que les espèces les plus archaïques. Ceux là font donc moins de bébés, mais attache une plus grande importance à leurs soins. Il en est ainsi des éléphants qui ne commencent leurs amours que vers 20 ans pour les dames et 40 ans pour les grands mâles. Encore que ces femelles se bornent à avoir 3 à 4 petits seulement au cours le leur vie. C’est un peu moins que les 12 souriceaux de chaque portée qui surviennent des amours des souris. Et celles-là le font trois à six portées par an pour une progéniture qui peut atteindre 300 individus au cours leur vie entière. Mais là encore, ces 300 descendants paraissent un nombre bien restreint comparé aux 4 millions d’œufs pondus par la morue dans l’océan. Chaque animal donne cette étrange impression qu’au cours de l’évolution, d’espèces en espèces, chacun a diminué ses descendants pour accorder plus de soins à sa progéniture. Ce paradoxe, connu sous le nom de paradoxe de Cole, détruit donc la légende. Non, les animaux ne cherchent pas à se reproduire le plus possible non plus qu’à diffuser le plus grand nombre de leur gènes. Les amours n’ont pas pour rôle ce développement incessant de nouveau-nés. Chacune des espèces est au contraire appelée à une plus grande modestie qui équilibre sa reproduction avec le monde.
    Mais cette bizarrerie non-darwinienne est encore plus étrange pour les animaux batésiens. Car il possible que, finalement, une grande reproduction puisse aussi s’avérer devenir un piège mortel. C’est ce que nous allons petit à petit comprendre dans cette nouvelle émission de science en liberté où les sirphes et les bâtons du diable nous attendent… aujourd’hui l’étrange vie des mimétiques batésiens se passent sur RL sc en liberté.

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    10 août 2020 Écologie évolutive et sexualité
    (rediffusion de l'émission du 9 décembre 2019)

    Il existe deux conceptions du monde, l’une qui prétend que les plus forts survivent et que c’est naturel, l’autre au contraire, qui soutient que le monde du vivant est le résultat de milliards d’interactions précaires et indépendantes. Le problème est que le darwinisme s’est imposé partout comme une explication scientifique et incontestable de l’existence. Pourtant, en analysant la vie sauvage, la multitude des interrelations semble consolider la seconde thèse. Et parmi toutes ces relations subtiles, il en est une des plus étranges encore, la sexualité car le sexe n’est pas une solution à la reproduction mais bien plutôt le résultat d’interactions archaïques, le monde serait ainsi fait de minuscules accidents déterminants des évolutions complexes. C’est cette histoire naturelle, faite de multiples évènements imprévus qui interagissent et entrainent chaque fois des épisodes plus complexes que Thierry Lodé a développé dans cette conférence des amis du Monde Diplomatique à Carcassonne en octobre 2019. Vous êtes donc conviés dans cette émission de Radio libertaire sur 89.4 à profiter de son argumentaire original vers une écologie évolutive.

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    8 juin 2020 Les chauves-souris libertaires

    Quand un pinson fait son nid, il ne lui suffit pas d’avoir de bons gènes pour se reproduire, la femelle a aussi son mot à dire. Car c’est bien leur collaboration qui assurera le succès de la progéniture. Loin de la théorie de Dawkins et de ses gènes égoïstes, on s’aperçoit que c’est l’entraide qui fournit les bases de la reproduction.
    Mais parfois, comme chez les chauves-souris, la réunion de tous profite à chacun. Les chauves-souris volent avec leurs mains. L’incroyable diversité de ces animaux est liée à leur aptitude à exploiter des niches aussi différentes que pêcher du poisson, manger des fruits, boire du sang et même poloniser des fleurs sauvages. Car les chauves-souris construisent aussi l’avenir du monde en dispersant les graines de la forêt. Sexuellement, elles sont aussi assez dégourdies, pratiquant volontiers un libertinage osé pour des si petits mammifères.
    Mais ce qui fait la particularité des chauves-souris, c’est aussi de s’être associées pour se rassembler en colonies. Dans cette organisation sociale, aucun petit chef, aucun dominant ne vient s’emparer des ressources. Et la structure égalitaire de ces anarchistes de la nuit va encore plus loin car les chauves-souris s’organisent en véritables communautés libertaires. C’est dire que leur organisation sociale millénaire peut nous apprendre bien des choses. Nous allons voir que cela peut modifier notre vision biologiste que l’écologie dominante inscrit dans des rapports de territoire ou de hiérarchie. C’est donc aussi qu’il peut y avoir une autre écologie…

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