• Présentation Petite Mise au point

    Emissions à venir :

    ♪ ♫


    Emissions des dernières semaines :

    14 juin 2021 Mais d’où vient le plaisir ?

    Cela fait bien longtemps, depuis Aristote au moins, que l’on s’interroge sur la sensibilité animale. On a longtemps nié que les animaux puissent souffrir en dépit des évidences, mais aujourd’hui, la question semble enfin tranchée. Bien sûr que les animaux souffrent, la question posée par la biologie réductionniste reste de savoir à quel point cette souffrance peut être semblable à la nôtre.
    Il est vrai que l’humain a tendance à placer son anthropomorphisme sur les sensations animales. L’aigle royal nous paraît fier et le lama boudeur. La physionomie de ces espèces nous renvoie à nos propres préjugés. Car la fierté apparente de l’aigle ou la moue fictive du lama ne sont liées qu’à la position physique de leurs arcades sourcilières sans ne témoigner d’aucun de ces sentiments. Quand le tigre nous paraît cruel, la baleine bleue nous semble pacifique alors qu’ils sont l’un et l’autre des farouches prédateurs.
    Mais si on commence à admettre que les animaux ressentent la douleur, il en va autrement pour accepter qu’ils ressentent aussi du plaisir.
    Au premier chef, l’orgasme sexuel appartiendrait seulement aux humains. Pourtant ce n’est pas exactement ce que raconte l’évolution et la mise en place du plaisir. S’il reste délicat d’appréhender la jouissance de l’écrevisse ou la délectation amoureuse du ver de terre, la découverte des satisfactions sexuelles des bonobos a ouvert d’autres perspectives. Bien des espèces jouissent d’une sexualité débridée et il désormais impossible de ne pas constater que les animaux cherchent aussi à se ravir d’expériences positives.
    Le plaisir sexuel semble toutefois ne rien ajouter à la reproduction, on peut parfaitement se reproduire sans aucun plaisir. Alors pourquoi l’évolution aurait-elle gardé cet épisode tout à fait extraordinaire de la jouissance ? C’est que la sexualité ne se réduit pas aux prouesses reproductives en dépit de ce qu’affirment les superstitions religieuses ou les convictions darwiniennes. D’ailleurs, nombre d’espèces exposent largement leurs aspirations au plaisir. Sexualités et reproductions jouent des partitions bien différentes, et masturbations, fellations ou cunnilingus sont pratiquées par toute sortes d’espèces. Les animaux peuvent additionner les actes sexuels en dehors de toute évidence reproductive. Beaucoup vont encore plus loin en multipliant les partenaires et affichent des amours toutes aussi libertines que libertaires.
    L’amour libre est-il génétiquement transmissible ? Alors, après cette année exceptionnelle de privation qui a bouleversé nos programmes, il est peut-être temps de comprendre d’où vient le plaisir et ce que la biologie a à nous en dire. Et comme nous sommes sur Radio Libertaire, la radio de la Fédération Anarchiste, en pénétrant cette histoire de la jubilation, nous allons nous amuser à en tirer les ficelles.

    ~ ~ ~ ~

    10 mai 2021 Le pacte des lionnes

    Sa supposée royauté lui colle à la peau. Il est vrai qu’il a fière allure avec sa crinière qui flotte au vent et son calme olympien, et, cependant, dès qu’il s’attaque à un gnou ou à un zèbre, toute la sauvagerie de la savane entre en lice. Et cependant, le lion ne répond que très mal à la prétendue loi de la jungle. Car, non seulement le lion sait réduire ses batailles, non seulement c’est un adepte d’une éducation patiente, mais, loin d’un monarque héréditaire, il reste surtout un démocrate convaincu. Que dire aussi de la prédation qui déchire dans le sang et la fureur des proies innocentes. Toute l’apparence cruelle de cette interaction écologique condense cette « struggle for life » à laquelle on veut résumer la nature. Pourtant, le prédateur n’a aucune rancœur, aucune agressivité contre la proie qu’il saisit. La mésange bleue, si vorace de chenilles, ne développe aucune méchanceté intrinsèque à dévorer ses proies, ni le hérisson ne montre aucune fureur contre les limaces qu’il engloutit. La prédation est juste une interaction naturelle qui, comme les autres, structure les relations écologiques et l’évolution de notre planète.
    Mais le lion expose une autre tactique. Car ses coalitions sociales révèlent une organisation complexe et fascinante. Seul félin à vivre en petits groupes, les familles de lions ne disposent ni d’une dictatoriale monarchie, ni même d’une structure hiérarchisée, mais, en dépit de leurs colères qui forment des groupes égalitaires, qui répondent bien plutôt à une subtile socioécologie.
    Situés au somment des réseaux trophiques, nous allons découvrir que les lions se coalisent pourtant en communautés égalitaires et librement choisies. Et comme nous sommes sur Radio Libertaire, la radio de la Fédération anarchiste, nous allons nous attarder à discuter de toutes les subtilités du pacte que les lions ont passé entre eux et envers la nature. N’est-il pas élégant que les plus grands lions arborent leur crinière noire comme un drapeau ?

    ~ ~ ~ ~

    12 avril 2021 La nature est-elle égoïste ?

    Rediffusion de l’émission du 8 mars :
    S’il est bien une question rarement posée à la nature, c’est l’idée de son essence égoïste qu’il parait difficile de remettre en question. A dire vrai, cet égoïsme tellement « naturel » est considéré comme l’une des bases fondamentales sur laquelle s’érigent toutes les lois biologiques. L’individu ne doit-il pas survivre lui-même avant tout et échapper à l’agression des autres espèces ennemies.
    Ainsi irait la bataille des espèces. Mais qu’est-ce que la sélection naturelle sélectionne ? Le gène, répond Richard Dawkins en développant en 1976 une vision très orthodoxe du Darwinisme. Chaque gène se comporte d’une manière qui conduit au plus grand nombre de copies de lui-même d’apparaître dans les générations futures. Donc, le gène est égoïste. L’unique et sa propriété seraient encore plus réduits que ne le pensait Max Stirner.
    Contre cette théorie, voilà que Joan Roughgarden publie au contraire en 2009 que le gène est généreux. Elle en appelle à déconstruire Darwin. Les gènes ne peuvent pas être égoïstes, dit-elle, puisque les individus doivent travailler ensemble. Nous voilà donc au cœur d’une question étonnante. Mais que signifie vraiment ce terme égoïsme du vivant ? « Moi je crois que c’est par égoïsme que je pense aux autres » affirmait Romain Gary. A regarder de plus près les êtres vivants, il est bien possible d’imaginer que l’évolution puisse finalement fonder la réconciliation de Max Stirner et de Piotr Kropotkine. Nous sommes sur 89.4 Radio Libertaire, la radio de la fédération anarchiste et nous avons 1h30 pour approfondir tout çà.

    ~ ~ ~ ~