• Présentation Petite Mise au point

    Emissions à venir :

    ♪ ♫


    Emissions des dernières semaines :

    10 janvier 2022 L'ours, un rescapé des âges farouches

    Samedi 20 Novembre 2021 dans l’après-midi, un chasseur âgé de 70 ans a fait feu à deux reprises sur Caramel. Une ourse a été abattue illégalement dans le massif du Couserans, laissant donc deux oursons orphelins en plein début d’hiver. Pour l’année 2020, ce sont donc trois ourses adultes qui ont été tuées dans les zones dites protégées des Pyrénées. Déjà, la mère de Caramel, Melba avait été tuée en 1997, et encore le 9 juin 2020, un jeune ours mâle Gribouille, a été retrouvé tué par balles.
    En novembre 2004, le dernier ours pyrénéen, Cannelle, avait trouvé la mort, tuée par un chasseur en Vallée d’Aspe. Le chasseur qui avait abattu l’animal a bénéficié d’un classement sans suite de l’affaire. Il restait alors fin 2004 moins d’une dizaine de mâles dans toutes les Pyrénées et plus aucune femelle. Grâce à des mesures drastiques, la population renforcée compte aujourd’hui environ une soixantaine d’ours. Mais voilà que les réintroductions d’ourses slovènes qui devaient renforcer la population ursine continuent de faire polémique. Il est vrai que, ici, un chasseur a été blessé lors d’une battue aux sangliers. C’est-à-dire que l’ours, qui était prise au piège avec ses oursons dans la nasse des chasseurs, a chargé désespérément. Qui donc était attaqué ? Dans le même temps durant l’année 2020 au moins 23 randonneurs ont été blessés grièvement, et un tué, par des bovins en estive. Pourtant personne n’appelle à éliminer toutes les vaches en liberté dans la montagne. Alors pourquoi l’ours est-il encore considéré comme une bête à abattre ?
    L’ours occupe encore de nombreux pays à travers le monde. Russie, USA, Europe du sud et du Nord mais il représente le dernier grand prédateur sauvage de l’hémisphère. Qui est-il ? Si les montreurs d’ours ont disparu, l’animal reste encore l’un des plus fascinants prédateurs en France. Ce n’est cependant pas un chasseur lui-même et il promène sa bonhommie dans les zones les plus reculées de nos montagnes.
    Alors, que se passe-t-il ? Faut-il que la montagne soit désertée par les derniers grands prédateurs pour sauver l’élevage et le tourisme ? Comme sur Radio Libertaire nous sommes si proches de ces ours mal léchés, nous allons essayer de comprendre.

    ~ ~ ~ ~

    13 décembre 2021 Mais d’où vient le plaisir ? (Rediffusion)


    Cela fait bien longtemps, depuis Aristote au moins, que l’on s’interroge sur la sensibilité animale. On a longtemps nié que les animaux puissent souffrir en dépit des évidences, mais aujourd’hui, la question semble enfin tranchée. Bien sûr que les animaux souffrent, la question posée par la biologie réductionniste reste de savoir à quel point cette souffrance peut être semblable à la nôtre.
    Il est vrai que l’humain a tendance à placer son anthropomorphisme sur les sensations animales. L’aigle royal nous paraît fier et le lama boudeur. La physionomie de ces espèces nous renvoie à nos propres préjugés. Car la fierté apparente de l’aigle ou la moue fictive du lama ne sont liées qu’à la position physique de leurs arcades sourcilières sans ne témoigner d’aucun de ces sentiments. Quand le tigre nous paraît cruel, la baleine bleue nous semble pacifique alors qu’ils sont l’un et l’autre des farouches prédateurs.
    Mais si on commence à admettre que les animaux ressentent la douleur, il en va autrement pour accepter qu’ils ressentent aussi du plaisir.
    Au premier chef, l’orgasme sexuel appartiendrait seulement aux humains. Pourtant ce n’est pas exactement ce que raconte l’évolution et la mise en place du plaisir. S’il reste délicat d’appréhender la jouissance de l’écrevisse ou la délectation amoureuse du ver de terre, la découverte des satisfactions sexuelles des bonobos a ouvert d’autres perspectives. Bien des espèces jouissent d’une sexualité débridée et il désormais impossible de ne pas constater que les animaux cherchent aussi à se ravir d’expériences positives.
    Le plaisir sexuel semble toutefois ne rien ajouter à la reproduction, on peut parfaitement se reproduire sans aucun plaisir. Alors pourquoi l’évolution aurait-elle gardé cet épisode tout à fait extraordinaire de la jouissance ? C’est que la sexualité ne se réduit pas aux prouesses reproductives en dépit de ce qu’affirment les superstitions religieuses ou les convictions darwiniennes. D’ailleurs, nombre d’espèces exposent largement leurs aspirations au plaisir. Sexualités et reproductions jouent des partitions bien différentes, et masturbations, fellations ou cunnilingus sont pratiquées par toute sortes d’espèces. Les animaux peuvent additionner les actes sexuels en dehors de toute évidence reproductive. Beaucoup vont encore plus loin en multipliant les partenaires et affichent des amours toutes aussi libertines que libertaires.
    L’amour libre est-il génétiquement transmissible ? Alors, après cette année exceptionnelle de privation qui a bouleversé nos programmes, il est peut-être temps de comprendre d’où vient le plaisir et ce que la biologie a à nous en dire. Et comme nous sommes sur Radio Libertaire, la radio de la Fédération Anarchiste, en pénétrant cette histoire de la jubilation, nous allons nous amuser à en tirer les ficelles.
    Et pour poursuivre le plaisir de l’écoute, un livre : Thierry Lodé, Histoire naturelle du Plaisir amoureux (Éditions Odile Jacob, juin 2021).

    ~ ~ ~ ~

    08 novembre 2021 Les impostures de la sociobiologe

    Au début, la sociobiologie était juste censée proposer une explication à la question « pourquoi des animaux vivent-ils en groupe ? ». On a instauré l’hypothèse que c’était une affaire de gènes. À partir de là, la parenté entre les individus donnerait la base de la vie sociale et cette parentèle expliquait l’altruisme apparent des fourmis par la sélection naturelle. Comme le but de cet altruisme est de propager les gènes, la sociobiologie fabriqua une théorie omnipotente et cela sans aucun débat, aucune discussion de fond. Mais comment une théorie sur la vie sociale des animaux a-t-elle pu dominer toutes les sciences et soutenir les thèses d’extrême-droite dans la société ?
    Wilson proposa un système de réflexion totalitaire édictant que la civilisation devrait s’approprier les écosystèmes transformés et développer l’industrie. Les conduites étant sélectionnées pour le meilleur des gènes, le scientifique américain suggéra naïvement que la soumission des femmes, leur cerveau plus petit, la puissance des hommes et l’exploitation par les entrepreneurs, la xénophobie, le racisme, l’esprit de compétition, la marchandisation du monde, la monogamie, la foi religieuse et l’instinct de la guerre seraient juste le résultat de la longue évolution des primates. Des conduites adaptatives, naturelles, quoi, empêchant le grand remplacement.
    La nouvelle droite européenne s’est vite félicitée de l’objectif des sociobiologistes. Cela aurait pu alerter. Mais depuis lors, une inertie accablante force encore sur toutes les recherches et la sociobiologie et son écologie comportementale ont envahi toutes les sciences jusqu’à la sociologie elle-même.
    Il va falloir examiner pourquoi les impostures de la sociobiologie ont pris tellement de puissance dans les sciences, réactivant les idées les plus nauséabondes. D’autant qu’aujourd’hui, Wilson, l’inventeur de la sociobiologie affirme faire amende honorable. Car la sociobiologie accouche de sa propre réfutation. Aucune des thèses ne tient plus la route.
    Nous allons voir comment cette histoire a été construite contre l’émancipation humaine. Mais si la sociobiologie a mystifié le monde, faut-il continuer à laisser-faire ?

    ~ ~ ~ ~