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    Emissions des dernières semaines :

    13 juin 2022 Sexe et biodiversité : une écologie qui évolue

    Rediffusion de l'émission du 9 mai dernier.

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    09 mai 2022 Sexe et biodiversité : une écologie qui évolue

    Le Cincle d’eau douce est un oiseau plongeur. Mais il ne survivrait pas sans dénicher des larves de phryganes dans les gravières des torrents et tous ces petits insectes qui se nourrissant de matières décomposées, épurent l’eau douce. L’évolution biologique des êtres vivants n’est pas seulement une biologie. La biodiversité est d’abord une écologie.
    Revenons. Nous savons combien toute la « théorie moderne de l’évolution » repose sur deux principes réactionnaires intangibles, d’une part la survie des meilleurs et d’autre part le grand remplacement des gènes. Si la première proposition se fonde sur un eugénisme inhérent, sa seconde ascendance n’en est pas moins déconcertante. Mais c’est une troisième lapalissade qui interdit d’y réfléchir, car la théorie biologique, inspirée d’un ancestral darwinisme, reste une théorie incritiquable. Il est indéniable que les individus qui survivent possèdent des caractères qui les ont fait survivre. Par conséquent, tous les êtres vivants seraient issus d’une sélection naturelle indiscutable qui serait le moteur de l’évolution. On nous l’apprend à l’école.
    Néanmoins, la biodiversité réserve bien des surprises. Pourquoi y-a-t-il sur cette terre tant d’espèces vivantes ? Comment sont-elles apparues ? Car le tri des mauvais ne révèle rien de l’émergence des divergences et le terme confus d’adaptation paraît bien magique pour résumer la prétendue sélection du vivant. En outre, l’idéologie victorienne qui a fait apparaître le capitalisme imprègne complètement cette théorie réactionnaire.
    Alors est-ce une réalité naturelle ou bien la biologie se fourvoie-t-elle dans des arcanes tendancieuses ? En tous les cas une telle hypothèse mérite bien un petit examen.
    Car les espèces ne vivent pas seules sur notre petite planète et construisent des réseaux écologiques impénétrables. Le secret du vivant est tout entier contenu dans ces interrelations qui s’échafaudent. Même un papillon agit sur l’écologie des rivières. À n’en pas douter, la force structurante des interactions y est pour quelque chose et le sexe semble aussi y contribuer d’une manière éclatante. Les multiples sexualités animales brassent des différences si importantes qu’elles ont forcément quelque chose à jouer dans l’émergence de ces millions de variations.
    Alors, pour appréhender le terrain du jeu du vivant et le rôle clandestin des sexualités, il est vraiment temps de faire émerger une théorie alternative. Toutes sciences avivent des doutes et des critiques et lorsque les fadaises de l’extrême-droite envahissent un pan de la réflexion, cela mérite une attention soutenue.
    Vous êtes sur Radio Libertaire, la radio de la fédération anarchistes et vous allez voir qu’en agitant nos petites cellules grises, un autre monde apparaît. En quittant les hypothèses douteuses de la survie des meilleurs et du grand remplacement des gènes, il est enthousiasmant de découvrir combien l’évolution de la biodiversité est une écologie qui évolue, une écologie évolutive. Et cela change bien des choses.

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    11 avril 2022 Pléistocène parc, le réensauvagement du monde

    Et si demain tous les oiseaux mourraient ? La dégradation de l’écologie et de la biodiversité continue toujours, plus rapidement encore. Certes, ça et là, de politiques de conservation ont été mis en place. Et pourtant ces mesures très insuffisantes n’ont empêché qu’à la marge le déclin universel. Aujourd’hui encore on apprend que 82% des espèces sauvages ont vu leurs effectifs chuter. 
    Alors, peut-on réensauvager la nature ? Faire revivre la Terre du pléistocène, à cette époque invisible où la mainmise de l’espèce humaine a commencé une exploitation sans mesure ? Faudrait-il essayer de reconstruire la nature, au point d’imaginer le retour des bisons, des lions et des mammouths en France ? La biodiversité s’émiette, les forêts se morcellent et les océans agonisent. Face à l’échec des parcs naturels et des réserves, on comprend bien que la situation s’aggrave. Alors, le réensauvagement a été proposé comme une méthode pour préserver les écosystèmes fonctionnels et renforcer la vie sauvage. Verra-ton des troupeaux de bisons pâturer dans les prés du bassin parisien, apercevrons-nous des lynx ou des lions sauvages dans le Massif central ? L’idée n’est pas de conserver les paysages mais d’en laisser la charge aux super-prédateurs et aux grands herbivores. Finie la conservation transformant la nature en musée. Il faudrait repartir à la découverte de vrais espaces sauvages. Le réensauvagement développe une dynamique de l’écologie renforçant la vie sauvage et reconstruisant la planète.
    Mais il va sans dire que le capitalisme ne prend pas ce chemin d’expiation. Entre microplastiques et changement du climat, le pillage et la destruction des milieux naturels s’aggravent. L’exploitation capitaliste est une négation du vivant. Et seule notre colère noire pourra remettre en cause le rapport marchand.

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