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    13 mai 2019 Le déplacement de caractères

    La biologie évolutive a longtemps présenté un caractère Panglossien, tout est au mieux dans le meilleur de mondes. En fait, toute morphologie était considérée comme une adaptation dont on rendait compte à l’envers. Puisque qu’elle était là, c’est qu’elle avait forcément un rôle.
    Mais les études ont peu à peu nuancées ces propos conquérants et de nombreuses exceptions sont apparues. Certes, la morphologie, la couleur et les traits comportementaux s’avèrent efficace dans un environnement donné mais la plupart des recherches montraient que les espèces n’évoluaient pas seules. Un caractère biologique dérive de l’expression d’une hérédité. Et justement, ces caractères changent.
    On nomme cela le déplacement ou le relâchement de caractères. Mais sait-on que ces modifications résultent bien souvent de la simple présence des autres. L’écologie évolutive nous démontre combien chaque espèce est interdépendante des autres. Bien plus encore, c’est la présence des autres espèces qui entraîne le changement, la transformation des espèces. Une incroyable évolution se dessine chez les salamandres et les pinsons, et chrysopes et poissons-volants vont jouer les perturbateurs d’une théorie qui ronronnait. Car c’est l’association des déplacements reproducteurs et écologique qui fonde la spéciation, la formation de nouvelles espèces.
    Et parfois, il suffit de très peu de choses pour réaliser un tel bouleversement des anatomies.

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    8 avril 2019 La biodiversité de Guyane

    Le vaste plateau amazonien garde tellement de secrets biologiques que les chercheurs ne connaissent pas encore. Et cependant, plus de 381 espèces nouvelles ont été identifiées entre 2014 et 2015. Un oiseau, 20 mammifères, 32 grenouilles, 93 poissons ont depuis rejoints l’inventaire initial.
    Bien sûr, nous allons parler de la Guyane pour son exploitation aurifère, évoquer le massacre à la tronçonneuse de la forêt primitive, raconter l’histoire et les luttes sociales qui se poursuivent, parler de la détresse humaine des amérindiens et des pauvres. Jamais les multinationales n’ont favorisée le développement des peuples ni leur libération prétendument économique.
    Alors, l’avenir de l’Amazonie est bien noir. Devant les méfaits du capitalisme et les destructions de leur culture, le taux de suicide des indiens est 10 à 20 fois supérieur au reste de la population. Pourtant la faune incroyable qui survit encore démontre combien la richesse du monde est ailleurs. Une diversité inouïe existe dans d’inextricables réseaux de faune et de flore. Cette immensité biologique reste fragile et convoitée. Que dire du regard de l’atèle à face rouge devant les bulldozers ? Comment peut-il savoir qu’il existe un danger capable de le tuer sans le voir, sans même savoir qu’il existe. La Guyane aujourd’hui est un immense trésor de vie à protéger.

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    11 mars 2019 Les bactéries font de la résistance

    Ce qui paraissait singulier à Flemming, c’était le recul des colonies bactériennes entourées par les moisissures. Ce n’était pas le premier chercheur à découvrir l’intérêt des Penicillium puisque Ernest Duchesne, un médecin français l’avait déjà découvert, trente ans avant lui. Car il existe une guerre évolutive millénaire entre les bactéries et les eucaryotes, plantes, animaux, protistes et champignons. Les organismes produisent naturellement des antibiotiques qui inhibent la croissance des bactéries infectieuses. Depuis les années 1940, la médecine a développé les antibiotiques. Mais le problème n’est pas là. L’utilisation de cette arme antibactérienne est devenue massive. Poules, dindes, cochons, veaux, bœufs, prenaient plus de poids, faisaient plus de viande. Un bonheur pour les marchands. En 15 ans la consommation mondiale d’antibiotiques avait augmenté de 65%. Mais ces animaux saturés d’antibiotiques pour accélérer leur croissance ont favorisé les bactéries résistantes jusque dans nos assiettes. Car les bactéries ont multiplié la transmission directe de ce nouveau caractère par échange entr’elles.
    Voilà, l’antibiorésistance des bactéries n’a rien d’une fatalité. Si sa cause biologique reste dans l’évolution non darwinienne des transferts horizontaux de gènes, l’antibiorésistance a juste été un phénomène nourri par les agro-industriels. Nous sommes devant l’un des agissements mercantiles des plus néfastes d’un capitalisme aveugle et sourd. C’est à cause des usines polluantes, déversant des tonnes d’antibiotiques dans la nature, c’est à cause de la déficience politique des services sanitaires, c’est à cause des abus outranciers d’une production agro-industrielle d’animaux de boucherie que l’antibiorésistance des bactéries tuent des humains. Alors, oui, il nous faut une science enfin libérée des idéologies mercantiles pour libérer notre univers de ces systèmes qui détruisent le monde et pour découvrir la force de nos idées noires…

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