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    Emission à venir :

    8 octobre 2018 Les rivières du Castor

    Tout bien considéré, le castor aime changer les choses. Nul animal ne construit davantage. Ce bâtisseur infatigable découpe des feuilles, abat des arbres, écorce les saules et creuse des canaux comme si ces modifications de son environnement étaient indispensables. Car il ne se contente pas d’aménager les choses, non, il les transforme. En ouvrant les ripisylves à la lumière, les castors entretiennent les écotones et réduisent les étiages en été.
    Car il faut bien comprendre ce que nous dit le castor, en arrangeant mon environnement, je change celui des autres et cette écologie évolutive transforme aussi la planète. Voilà bien une idée nouvelle que nous saurons déguster aujourd’hui sur Radio Libertaire…en compagnie de Jean Tharault, et du castor…

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    Les dernières émissions :

    10 septembre 2018 Le déclin des oiseaux communs

    Le printemps sera-t-il silencieux ? se demandait Rachel Carson en 1962. A l’époque, un poison se répandait partout dans les eaux vives. Rapidement, le problème fit le tour du monde et on se décida à interdire le DDT. C’est à partir du Jurassique que quelques espèces apparentés aux dinosaures théropodes se glissèrent dans le ciel. Ce fut le début d’une incroyable aventure évolutive, colonisant l’ensemble de la planète, depuis les boisements de Bretagne jusqu’aux toundras arctiques, Les oiseaux sont partout, diminuant les invasions d’insectes, réduisant les populations de petits rongeurs et transportant des graines dont ils font des forêts.
    En 1989, le Centre de Recherche sur la biologie des Populations d’oiseaux, le CRBPO du Muséum National d’Histoire naturelle lança un vaste programme de suivi temporel des oiseaux communs. Et les scientifiques durent constater que les résultats obtenus en 2013 étaient apparemment l’indice du début d’une nouvelle catastrophe. Les oiseaux étaient à nouveau en train de mourir.
    C’est cette constatation que nous allons essayer de comprendre aujourd’hui avec mes deux invités ornithologues. Car enfin, si les oiseaux disparaissent, c’est bien que notre planète étouffe sous le développement intensif des productions agricoles. Et sur radio Libertaire, cela fait longtemps que nous demandons un autre monde possible….

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    13 août 2018 Le chat : sagesse des civilisations ou sauvage destructeur
    (Rediffusion de l’émission du 12 décembre 2016 )

    Quand on le voit s’avancer dans le silence de ses pattes en velours, on sait de suite qu’il faut dire, Monsieur le Chat. Cet acrobate du quotidien passe partout, franchit mille obstacles, grimpe sur les murs et court comme un funambule sur d’improbables filins tendus à 20 mètres du sol. Noir, il provoque des frayeurs irraisonnées et superstitieuses. Et pourtant seigneur de la nuit, ses grands yeux impénétrables savent capter la moindre lueur du jour. Il sait accompagner ses cachotteries quotidiennes de mille déambulations nocturnes et clandestines. Et cependant, ils sont nombreux ceux qui pâtissent de ses errances et notre petit matou si craquant est aujourd’hui désigné comme l’un des plus grands destructeurs écologiques de la planète. Il est vrai qu’à lui seul, compagnon itinérant d’un gardien de phare, il a fait disparaître une rare espèce d’oiseau endémique et il tue chaque jour une impressionnante biodiversité. Car grives, taupes, belettes même, ne lui font jamais peur. Traité comme un intrus indésirable dès qu’il flâne dans la nature, n’est-il pas cependant un invité de marque dans notre monde ? Car il faut reconnaître que à la fois impérial et libertaire, le chat ne livre jamais les clés de ses secrets. Notre matou reste un mystère absolu. Et même son ronronnement semble constituer un secret insondable.

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    11 juin 2018 De quoi le sexe est-il le nom ?

    Le sexe apparaît comme une procédure commune chez une très grande quantité d’espèces. Et cependant, loin d’être banale, cette aventure éperdue nous submerge. Car il faut le répéter, le sexe reste la plus grande énigme biologique de tous les temps. Le sexe figure en bonne place parmi les problèmes évolutifs non résolus par le processus darwinien de sélection naturelle. Si la sélection favorise celui qui transmet le plus de « bons » gènes à la génération suivante, comment un processus aussi complexe et « onéreux » que le sexe a-t-il pu émerger au cours de l’évolution ? Le sexe est donc coûteux et manifestement contre-sélectif.
    Car le sexe est certainement la plus mauvaise façon de laisser une descendance. Et pourtant, l’enchantement amoureux entraîne tout autant le grillon que l’éléphant, le gorille que la sardine. Les espèces existent de se séduire et depuis la nuit des temps, les espèces divergent de ne plus s’aimer. Voilà ce qui sépare définitivement le chimpanzé du bonobo et l’abeille domestique de la guêpe germanique. Le vrai paradoxe, c’est que sexe apparaît comme un processus évolutif non-darwinien ! En quelque sorte, avec le sexe chaque descendant présente un nouvel assortiment de gènes qui fait de chacun un individu « hétérogénomique » au sein de sa population d’origine. Rompant avec la propagation clonale, la progéniture sexuée illustre l’importance du rôle évolutif des interrelations en général et du choix amoureux. Oui, les animaux sont libertaires en amour…
    Bref, il est temps d’aller voir cette curiosité biologique d’un peu plus près.

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