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    12 juin 2017 Les serpents se la jouent collectif

    Ici, il a perdu ses jambes mais ailleurs il a presque gagné des ailes en haut de la forêt tropicale. « Eh bien filles d’enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » s’inquiétait Oreste. Le serpent est dangereux, il est le danger incarné. On connaît du serpent son venin, cette bave aberrante qu’il distille entre ses crochets et qui promet la mort inévitable. Mais cette aptitude toxique trouve son origine dans un autre secret, celui de l’absence de membres. Et sait-on que ce poison, il peut aussi le voler à d’autres animaux ? Car ce que fait le serpent nous est inconnu. On doute de son rôle écologique si important cependant, si nécessaire à l’équilibre du vivant.
    Mais il est une histoire plus prodigieuse encore que de décrypter l’origine de cette absence de bras. Car le serpent ose tout, jusqu’à engager des amours collectives. Adepte de l’amour de groupe, le serpent insinue que la sélection sexuelle ne serait pas toujours darwinienne. Venu du tréfonds du Crétacé, en regardant avec nos yeux les plus curieux la vie collective des couleuvres, nous découvrons une incroyable leçon de choses comme seule la nature a le secret. Étrange parcours anarchiste que celui-là qui fait de lʼégalité la condition de la liberté. On croirait citer Armand et les milieux libres.

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    8 mai 2017 Les zones humides se vengent toujours

    C’est un mélange de la terre et des eaux, que le roseau et le saule dominent de leurs frêles statures. Le marécage entremêle le vent et la fange, l’eau et l’herbe dans son inextricable univers. De tous temps, les marais ont été mortifères. Quels absurdes tombeaux scellaient donc leur confusion végétale ? La boue inévitable ne produit rien dit-on, et le flux revient sans cesse inonder les herbages. L’histoire de zones humides se confond souvent avec l’histoire de leur assèchement, de leur assainissement, de leur drainage. Car le marais est le lieu de la lutte contre lui-même, contre l’isolement qu’il confère, contre son paludisme endémique, contre sa foisonnante végétation inutile, contre son flot récurrent et même contre sa lenteur romantique. Les champs inondés ont connus leur domestication en prairies sèches, en cultures intensives, quand ce n’est pas en lieux désolés, en empierrement  et même une transformation en quartier résidentiel ou en aéroport, à croire que le vent et l’eau incitent à modifier les choses. Mais de tels bouleversements de la nature ne sont pas sans conséquences. Car, on le sait, le marais se venge toujours... Alors, entre loutres et papillons, commençons donc notre voyage scientifique pour savoir de quoi les zones humides se vengent-elles.

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    10 avril 2017 Biologie de la domination

    Une intervention sur la nature de la domination avec le philosophe Tony Ferri, entre biologie et philosophie, quelles sont les racines de la domination...
    S’il est une idée préconçue qu’on se plaît à ressasser, dans les discours politiques, dans les médias, ou à l’école, s’il est une opinion qui fonctionne à la manière d’une antienne assourdissante, c’est celle qui consiste dans l’affirmation que l’existence d’une opposition entre dominants et dominés, maîtres et serviteurs, patriciens et plébéiens procéderait d’une forme d’innéisme et refléterait une supériorité naturelle, quasi biologique ou génétique, de certains êtres sur d’autres. C’est à déconstruire ce malheureux préjugé que nous nous amusons.

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