• Trous Noirs ? Comment ça marche ?... Infos

    À venir :

    04 juillet 2022 Anarchie et anarchistes

    L'équipe de Trous Noirs est en route pour les Reclusiennes. À bientôt avec de nouveaux enregistrements.

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    Emissions des dernières semaines :

    27 juin 2022 Tranches de vie

    Au début des années 1960, le polytechnicien Bernard Laponche entre au Commissariat à l'énergie atomique à Saclay et participe aux calculs des premiers réacteurs du modèle français, dont le rôle est de fournir du plutonium pour la fabrication de bombes atomiques : « J'étais pro-nucléaire par profession ».
    En Mai 68, le centre de recherche de 8 000 personnes est autogéré : conseils élus par unité se coordonnent dans un « comité d'action » dont il est le secrétaire. Il anime des assemblées générales hebdomadaires de plus de 500 personnes : « C'est en mai 68 que les choses ont basculé dans ma vie. C'est de là que part mon initiation à la politique et le rôle militant dans mes activités au sein du syndicat CFDT du CEA ».
    Il participe aux débuts du mouvement antinucléaire en France et s'oppose au Plan Messmer de mars 1974, qui lance la fabrication accélérée de nouveaux réacteurs, de conception américaine (licence Westinghouse).
    Il quitte le CEA et s'investit dans le syndicalisme, alertant sur les dangers du nucléaire et la nécessité d'alternatives énergétiques.
    Le succès d'une pétition nationale en 1979 contre le programme nucléaire du gouvernement donne un espoir de changement d'orientation, d'autant plus qu'il est signé par la CFDT, le PSU, le PS. Mitterrand en intègre une partie dans ses 100 propositions pour l'élection de 1981. Mais « en trois mois tous ses engagements sur le nucléaire avaient disparu » et le premier ministre Pierre Mauroy prononçait un « fantastique discours pronucléaire » à l'Assemblée nationale.
    Sa conviction, qui ne fera que se renforcer, est que « le nucléaire est une question de pouvoir. L'État est miné de l'intérieur, une alliance de la haute administration et des dirigeants des grands organismes (CEA, EDF, Areva...) ».
    « Le nucléaire est assimilé à La Marseillaise et au drapeau tricolore, on n'en discute pas ».
    Partisan d'« une science soumise au contrôle citoyen », il participe activement à diverses associations telles Global Chance, Les Amis d'Enercoop, Énergie partagée.
    « Bernard est devenu fou » disaient ses anciens collègues du CEA.

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    20 juin 2022 Liberthèmes

    LʼAn 02 : « Lʼavenir nʼest pas ce qui va se passer, mais ce que nous allons en faire »
    Une plainte collective est menée par La Quadrature du Net contre la techno-police. Elle s'attaque au panoptique contemporain à base de vidéosurveillance robotisée, fichages systématiques et détection robotisée des comportements.
    Ne pouvant organiser un direct assez rapidement, nous rediffusons l'émission du 25 mai 2020 :
    Le coronavirus est un révélateur et un amplificateur des tendances du « monde dʼaujourdʼhui ». Ainsi, il nʼest pas surprenant que la principale réponse des États à une crise sanitaire soit sécuritaire. À travers les siècles, les épidémies sont des épisodes privilégiés dans la transformation et l'amplification du pouvoir d'État et la généralisation de nouvelles pratiques policières comme le fichage des populations. Quelques exemples :Australie : bracelets électroniques imposés aux personnes potentiellement infectées,Nouvelle-Zélande : plateforme de délation de la police pour signaler les entorses au confinement,Chine : caméras thermiques sur les casques des policiers pour repérer les personnes fiévreuses,Israël : croisement des métadonnées et des informations captées sur le réseaux télécoms pour attribuer un « score de contagiosité » de 1 à 10.Le « solutionnisme technologique » est privilégié : données de masse du « big data » brassées par des algorithmes new-look, « cités intelligentes » analysant les flux de vidéo-surveillance, données de géolocalisation des téléphones portables permettant le traçage des contacts (« backtracking »), reconnaissance faciale « bénéficiant à lʼordre public mais également à la gestion de maladies » (Cédric O, secrétaire dʼÉtat au numérique).Les considérations sanitaires aident à la prolifération de la surveillance biométrique : les GAFA sʼenthousiasment, lʼÉtat améliore ses armes pour prévenir les futures tentatives de révoltes sociales.Pour en parler : Martin Drago des associations Technopolice et La Quadrature du Net et Patrick du comité de rédaction du Monde Libertaire.

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    13 juin 2022 Tranches de vie

    Annie Thébaud-Mony est sociologue de la santé et du travail à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Nous l'avons reçue en début d'année pour son dernier livre Politiques assassines et lutte pour la santé au travail, dans lequel elle parle de sa longue expérience dans le soutien aux travailleurs des secteurs du nucléaire, de l'amiante, de la chimie...
    En 1968, une première enquête au Brésil, sur l'éducation de base dans les favelas, la sensibilise aux transformations de la société brésilienne.
    Puis un séjour de 3 ans au Sénégal lui permet de préparer une thèse de 3ème cycle : Étrangers à la France, étrangers à l'Afrique ; les adolescents français au Sénégal.
    Une enquête d'une vingtaine de mois en Algérie l'oriente ensuite vers les inégalités en matière de soins et de santé, particulièrement pour les maladies respiratoires et la tuberculose.
    Elle perfectionne ses connaissances en ce domaine en résidant 3 ans à New York, où elle participe à un réseau international de médecins, chercheurs, sociologues... et prépare une thèse d'État Besoins de santé et politique de santé où elle compare la situation des pays du Nord et du Sud en ce domaine.
    C'est en 1980 qu'elle décide de mettre un terme à « douze ans de nomadisme », tout en continuant divers voyages, au Brésil notamment.
    Cherchant une activité dans la recherche « ayant une utilité sociale », elle rentre à l'Inserm dans le secteur des maladies liées au travail, rejoint le collectif « Risque et maladies professionnelles » animé par Henri Pézerat. Elle souhaite « connaître le travail pour le transformer » et soutient divers groupes de travailleurs : « Nos recherches scientifiques devraient pouvoir servir de support à l'action contre les atteintes à la santé dans l'activité de travail, dans un contexte environnemental dominé par les risques industriels ». Elle participe à la création de deux « Groupements d'intérêt scientifique sur les cancers d'origine professionnelle ».
    Toutes ces « tranches de vie » lui ont permis de rencontrer et aider de nombreux travailleurs, rapportant chaque fois « les histoires individuelles à une histoire collective », car pour elle, il est nécessaire de transformer les rapports de pouvoir à l'intérieur du travail et de la société.

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