Après une première partie diffusée le 11 mai, nous retrouvons Nedjib Sidi Moussa, historien d’origine algérienne, qui regroupe une vingtaine de textes dans Le spectre du colonialisme, paru récemment aux Éditions L’Échappée. Ces textes couvrent quatorze années jusqu’à 2025 pendant lesquelles, parallèlement aux crises culturelles, sociales et politiques, ”le rapport passionnel au passé colonial s’est inscrit comme une question incontournable”.
Parmi les nombreux enjeux contemporains concernés, il cite la persistance du racisme, l’instrumentalisation de la diversité, la politisation de la présence musulmane, ”le tout sur fond de décomposition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme néolibéral”.
Sont notamment évoquées les trajectoires de figures intellectuelles confrontées à cette réalité, tels Albert Camus, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson.
Certains textes fournissent des informations peu connues, notamment dans ”Par delà l’anticolonialisme : Guy Debord”. Ainsi, quatre ans après l’indépendance algérienne, l’Internationale situationniste dénonçait dans le modèle léniniste qui inspirait l’opposition algérienne une ”contre-vérité policière de l’Histoire” et développait une réfutation du bolchevisme ”pour éviter aux ex-pays colonisés les impasses étatiques, développementalistes ou religieuses”. L’IS critiquait les idéologies au service des ”nouveaux maîtres” : castro-guévarisme, nassérisme, titisme, maoïsme, benbellisme.
Dans un autre texte est cité Mohamed Saïd, militant kabyle hostile au colonialisme, au nationalisme, à la religion et qui avait appartenu à la colonne Durruti pendant la révolution espagnole : ”La grande masse des travailleurs kabyles sait qu’un gouvernement musulman à la fois religieux et politique ne peut revêtir qu’un caractère féodal”.
Dans cet ouvrage Nedjib Sidi Moussa nous invite à ”surmonter les oppositions binaires Occidental/non Occidental, Blanc/non Blanc, Nord/Sud dans le but d’embrasser l’universalité de notre commune humanité”.
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05 octobre 2026 Liberthèmes
Ukraine : depuis mars 2022 Jean-Marc Royer a entamé l’écriture de ses Carnets de guerre, essais d’histoire immédiate sur une guerre qui dévaste la vie des Ukrainiens - des dizaines de milliers de civils et militaires tués ou blessés, des villes et villages rasés, des millions d’habitants partis à l’étranger. Il analyse les prémisses historiques, économiques et idéologiques, ainsi que la recomposition mondiale des rapports de force entre impérialismes.
Cet été il a pu se rendre en Ukraine et partager quelque temps la vie de la population de Kiev. Son récent Carnet de guerre, le numéro 25, a pour titre ”Le tournant de la guerre”.
24 février 2022 : Poutine annonce une ”opération militaire spéciale” et affirme qu’il n’est pas prévu d’occuper le territoire ukrainien.
5 juillet 2026 : Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, annonce que ”la Russie est entrée en guerre contre l’Ukraine à cause du soutien des occidentaux”. En réalité, dès avril la guerre était devenue défavorable : offensives sur le front défaites, drones ukrainiens touchant les infrastructures militaires, pétro-gazières, économiques.
”Depuis cet été 2026, une très nette inflexion de l’agression russe vers une guerre totale vise délibérément, massivement et quotidiennement la population civile ukrainienne, en même temps qu’il se produit une indéniable extension des interventions de tous types sur le sol européen et l’accroissement de son internationalisation : entre trente et quarante mille nord-coréens s’entraînent sur le sol de la fédération russe quant autant travaillent dans ses usines de drones. Sans parler des aides iraniennes et chinoises en tous genres”, Jean-Marc Royer.
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28 septembre 2026 Liberthèmes
Les propagandistes capitalistes et étatiques de l’IA et des nouvelles technologies promettaient une amélioration de notre bien-être individuel et collectif.
La réalité de son développement actuel : tâches automatisées conduisant à un travail inintéressant ou au chômage, addiction et perte d’attention facilitées par les réseaux sociaux, surveillance et contrôle au travail et dans le quotidien...
Les ”trillardières”, PDG des géants de la tech, expriment publiquement leurs rêves les plus fous : estomper la frontière entre l’humain et la machine pour créer un être supérieur, technologiquement avancé : ”L’humanité est un chargeur d’amorçage biologique pour la superintelligence numérique”, Elon Musk. L’IA renforcerait l’humanité de ces élus au détriment du reste des humains.
Comment résister et commencer à imaginer un futur désirable ?
La décision individuelle de ne pas utiliser tel outil numérique est importante mais ”Le refus de la technologie s’exerce mieux collectivement” ainsi que le rappelle le chercheur Thomas Dekeyser dans son livre Techno-Negative : A Long History of Refusing the Machine. Il évoque notamment le mouvement des ouvriers anglais ”luddites”, qui ont lutté au début du 19ème siècle contre l’arrivée des outils automatisés dans l’industrie textile qui risquaient de transformer l’humain en un simple appendice de la machine.
Aux États-Unis, un vaste mouvement décentralisé en pleine expansion témoigne de la colère contre des objectifs de l’industrie technologique moderne : ”data centers”, systèmes utilisant les données de caméras Flock disséminées dans tout le pays, au service notamment de la police de l’immigration IC...
En France, des collectifs s’opposent aux projets de ”data centers”, notamment à Fouju près de Melun, des professions s’organisent contre la destruction de leur métier (journalistes, musiciens, traducteurs...).
Pour évoquer ces questions sont présents dans notre studio Pier et Patrick, du récent groupe de la Fédération anarchiste ”Les Marteaux” (en référence aux luddites) et Laura, traductrice qui s’oppose à l’automatisation du travail intellectuel et participe aux collectifs ”IA-lerte générale” et ”En chair et en os”.
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