Le 23 décembre 2020 décédait notre compagnon Alexandre Skirda, historien et militant anarchiste. Le Monde libertaire rappelait son importance par un article se terminant par une phrase de l’anarchiste et révolutionnaire allemand Gustav Landauer :
”Les morts vivent et avec eux, les rêves qui les ont portés”.
Ses ouvrages Nestor Makhno, le cosaque libertaire, la lutte pour les soviets libres en Ukraine 1917-1921 et Kronstadt 1921: soviets libres contre dictature de parti, ont participé à montrer comment ont été détruits les espoirs d’une société sans État, exprimés notamment par la Commune de Kronstadt le 8 mars 1921 : ”C’est ici à Kronstadt qu’est posée la première pierre de la IIIème Révolution opposée à l’ordre bureaucratique des bolcheviks, laissant derrière la dictature du Parti communiste, des tchékas et du capitalisme d’État”.
”Skirda ou la mémoire des vaincus” est un récent texte de notre invité Renaud Garcia, déjà venu plusieurs fois dans nos studios. Il nous expliquera comment la passation de témoin s’est faite auprès de sa génération. Il rappellera l’importance des travaux de documentation et de traduction d’Alexandre Skirda, notamment pour Le socialisme des intellectuels du révolutionnaire polonais Jan Waclav Makhaïski qui décrit comment une classe d’intellectuels, les ”capitalistes du savoir” se sont servi de la classe ouvrière afin de promouvoir leurs intérêts.
Dans un autre livre, Un plagiat « scientifique » : Le copié-collé de Marx, qui a achevé de faire de Skirda ”la bête noire des trotskystes et autre marxistes en chaire”, il a fait connaître le géorgien Varlaam Tcherkessov, qui présentait ainsi ses travaux historiques : ”Il est obligatoire pour nous, les anarchistes, de se rendre compte de la prétendue science de ceux qui aspirent à la dictature universelle”.
Renaud Garcia montrera aussi en quoi les réflexes autoritaires de l’avant-garde n’ont pas disparu aujourd’hui.
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13 avril 2026 Terre et radioactivité
Samedi 26 avril 1986 1h23min45s : explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine de Tchernobyl, située à trois kilomètres de la ville de Prypiat et à 130 km au nord de Kiev.
Pourquoi la population a-t-elle été laissée sans protection ?
Pourquoi les évacuations ont-elles été retardées ?
Pourquoi les gouvernements et les organisations internationales (AIEA, OMS) ont-ils couvert les agissements des dirigeants soviétiques ?
Yves Lenoir, président de l’association ”Enfants de Tchernobyl Belarus” et auteur de Tchernobyl-sur-Seine et de La comédie atomique - l’histoire occultée des dangers des radiations est notre invité pour échanger avec nous autour de son récent ouvrage Dans les coulisses de Tchernobyl - Mensonges et dissimilations des nucléocrates.
Six ans d’une enquête, pendant laquelle il a pu notamment accéder aux archives de KGB et du Politburo, montrent comment fut maquillé ce désastre humanitaire, par la mise en avant de martyrs et de coupables lampistes et par le déni de conséquences sanitaires qui se font encore sentir aujourd’hui. La position de Gorbatchev, Secrétaire général du Comité central du Parti communiste, était de ne pas traiter les causes et d’en amortir les impacts, notamment pour ne pas remettre en question l’avenir du nucléaire civil et militaire.
Si les conséquences de Tchernobyl ont participé à ce que certains pays réduisent ou stoppent leurs programmes nucléaires, la France, fille aînée de la religion atomique, tente aujourd’hui une grande relance en prétextant la décarbonation permettant de ”sauver le climat”.
Dans le studio sera également présent Philippe Diaz, dont la toute nouvelle maison d’édition ”La Dissidence” a permis la sortie de ce livre pour le 40ème anniversaire du début de cette catastrophe humanitaire.
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06 avril 2026 Anarchie et anarchistes
Élisée Reclus, Publications récentes
Invités : Christophe Brun en studio, Jean Philippe Crabé et Philippe Pelletier au téléphone.
Dans l’abondance des publications récentes qui s’intéressent à Élisée Reclus, nous avons choisi d’en retenir deux, pour leur importance et parce qu’elles s’écartent de l’approche habituelle qui réduit le géographe et anarchiste à un doux précurseur de l’écologie, de la prise de conscience des dégâts causés par les activités humaines. Ce qui n’est pas faux, mais très réducteur, puisque ça ne prend pas en compte toute sa réflexion d’anarchiste, à savoir sa critique du rôle de l’État, de la religion, du capitalisme et la prise de conscience des dominations coloniales et patriarcales.
La première de ces publications, aux Éditions du Temps Perdu est la traduction française de la biographie que l’historien de l’anarchie Max Nettlau à consacré à Reclus et publiée en espagnol en 1928 La Vida de un sabio justo y rebelde. Sans doute le texte le plus complet sur l’existence et le travail de Reclus, texte resté inaccessible aux non hispanophones jusqu’à aujourd’hui.
La seconde publication, parue aux Éditions du Monde Libertaire en décembre 2025, Élisée Reclus, un géographe anarchiste contre l’antisémitisme revient sur des propos accusatoires qui ont été tenus sur une autre antenne de radio, et fait le point sur l’engagement d’Élisée Reclus contre l’antisémitisme, ou ce qu’il vaudrait mieux appeler l’antijudaïsme, et son combat constant contre toute forme de discrimination raciale.
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