Les propagandistes capitalistes et étatiques de l’IA et des nouvelles technologies promettaient une amélioration de notre bien-être individuel et collectif.
La réalité de son développement actuel : tâches automatisées conduisant à un travail inintéressant ou au chômage, addiction et perte d’attention facilitées par les réseaux sociaux, surveillance et contrôle au travail et dans le quotidien...
Les ”trillardières”, PDG des géants de la tech, expriment publiquement leurs rêves les plus fous : estomper la frontière entre l’humain et la machine pour créer un être supérieur, technologiquement avancé : ”L’humanité est un chargeur d’amorçage biologique pour la superintelligence numérique”, Elon Musk. L’IA renforcerait l’humanité de ces élus au détriment du reste des humains.
Comment résister et commencer à imaginer un futur désirable ?
La décision individuelle de ne pas utiliser tel outil numérique est importante mais ”Le refus de la technologie s’exerce mieux collectivement” ainsi que le rappelle le chercheur Thomas Dekeyser dans son livre Techno-Negative : A Long History of Refusing the Machine. Il évoque notamment le mouvement des ouvriers anglais ”luddites”, qui ont lutté au début du 19ème siècle contre l’arrivée des outils automatisés dans l’industrie textile qui risquaient de transformer l’humain en un simple appendice de la machine.
Aux États-Unis, un vaste mouvement décentralisé en pleine expansion témoigne de la colère contre des objectifs de l’industrie technologique moderne : ”data centers”, systèmes utilisant les données de caméras Flock disséminées dans tout le pays, au service notamment de la police de l’immigration IC...
En France, des collectifs s’opposent aux projets de ”data centers”, notamment à Fouju près de Melun, des professions s’organisent contre la destruction de leur métier (journalistes, musiciens, traducteurs...).
Pour évoquer ces questions sont présents dans notre studio Pier et Patrick, du récent groupe de la Fédération anarchiste ”Les Marteaux” (en référence aux luddites) et Laura, traductrice qui s’oppose à l’automatisation du travail intellectuel et participe aux collectifs ”IA-lerte générale” et ”En chair et en os”.
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L’uranium naturel extrait et concentré par la pieuvre nucléaire a l’apparence appétissante d’une poudre jaune d’oxyde d’uranium appelée yellowcake (”gâteau jaune”). Elle doit ensuite être ”purifiée” puis ”enrichie”, avant de transmettre son énergie dans un réacteur nucléaire, dont les 2/3 s’échappent sous forme de chaleur. Le Grand Charles ayant décidé que la France devait être une puissance nucléaire (militaire et civile), la purification est réalisée sur le site de Malvesi (Aude) et l’enrichissement à Pierrelate (Drôme). Après plus d’un demi-siècle de purification du quart de la production mondiale, 350 000 mètres cubes de résidus radioactifs résident dans de vastes bassins à 3 km de Narbonne, sans que la population et ceux qui travaillent dans l’usine soient informés de leur rôle de ”cobayes”.
Notre invité, Sébastien Navarro, décide d’aller sur place et d’écrire Malvesi, un livre sur ce lieu au cœur de la filière nucléaire. Dans son enquête, digne d’un polar de Didier Daeninckx, il évoque avec humour ses échanges avec divers opposants : biologiste, ingénieur militant, travailleur de l’usine atteint de leucémie, antinucléaire ambiguë, menuisier, riveraine.
Mais ils sont très minoritaires dans le Narbonnais, où on préfère ne pas questionner une activité qui apporte emplois, impôts et taxes locales.
Deux exceptions passagères à cette ignorance volontaire :
- mars 2004 : la rupture d’une digue a entraîné l’écoulement d’un fleuve de boue vers les jardins du voisinage,
- 2017 : plusieurs milliers de manifestants contre le projet d’une usine de traitement des déchets les passant dans un four à 800 °C, dont la cheminée enverrait les fumées directement au cœur de la ville.
Sébastien Navarro, conscient de l’affaiblissement du mouvement antinucléaire, pense que ”sans effervescence sociale, il ne se passera rien”.
Malvesi devrait être le livre de chevet de tout Narbonnais et plus largement de tous, car ”quand tu commences à creuser le dossier Orano, tu deviens antinucléaire. Tu comprends l’ensemble des enjeux et la globalité de cette industrie. C’est l’État, ce sont les partis politiques tous pro-nucléaires”, Joël le menuisier.
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14 septembre 2026 Liberthèmes
Notre invité Éric Le Roy, historien du cinéma, est déjà venu dans nos studios pour présenter son ouvrage Jean-Pierre Mocky dont il fut l’assistant.
Du même auteur, le très beau livre Goémons, généalogie d’un film vient de sortir aux ”Éditions Le Clos Jouve”.
En septembre 1945, âgée de 21 ans, la cinéaste Yannick Bellon débarque sur l’île bretonne de Béniguet à la pointe du Finistère. Elle ne sait pas encore que le tournage de son premier film Goëmons, parsemé de difficultés, va changer le cours de sa vie.
Sans électricité, presque abandonnée du continent, la Grande Terre, Béniguet est seulement habitée par un couple de goémoniers et ses employés qui dorment dans le grenier infesté de puces.
Yannick, pendant plusieurs séjours étalés sur deux ans, partage la vie de ces damnés de la mer aux corps fatigués, se tuant au labeur pour récolter le goémon, le faire sécher, le brûler pour l’envoyer ensuite sur le continent dans une usine de soude.
Son film, pour lequel elle participe au montage, est une charge féroce contre l’exploitation des travailleurs de la mer.
Grâce au Grand Prix international pour le meilleur documentaire obtenu en 1948 à la Biennale de Venise, Goémons est devenu un classique du cinéma documentaire français de l’après-guerre, reconnu aussi bien en France qu’à l’international. Il a permis à Yannick Bellon de réaliser de nombreux courts métrages et longs métrages, dont la trilogie La femme de Jean, L’amour violé, L’amour nu :
”Si, à travers mes œuvres, on devine que l’injustice me révolte et que la dignité me semble la vertu première, tant mieux”.
Plus tard, à la question ”Pourquoi filmez-vous ?”, elle répondra :
”Sans doute le besoin de communiquer, d’être aimée, d’aimer mieux, de témoigner parfois, d’exister”.
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07 septembre 2026 Liberthèmes
Dans le monde, la crise de l’eau s’accroît d’année en année. La récente sécheresse accélère la prise de conscience que ce bien commun risque de manquer.
Les consommateurs vont ”trinquer” : restrictions, qualité dégradée, coût en forte augmentation, alors que des entreprises s’efforcent de tirer profit de la pénurie qui s’annonce : Les assoiffeurs. Tel est le titre du livre paru aux Éditions ”Les Liens qui libèrent”, résultat de deux ans d’enquête des journalistes indépendants Fabien Benoit en Nicolas Celnik.
Ils ont rencontré aussi bien ceux qui font de l’eau une marchandise que des collectifs qui tentent de s’y opposer. Ils ont particulièrement abordé trois catégories de profiteurs :
- Les intouchables : ceux qui en agriculture, tels les producteurs de maïs, pratiquent une irrigation de plus en plus importante, installent des énormes bassines dont ils se réservent l’usage, prônent une ”agriculture connectée”.
- Les marchands : en 10 ans le marché des eaux en bouteille a augmenté de 73 % dans le monde pour atteindre 1 million de bouteilles par minute. Quelques entreprises dominent, telles Danone et Nestlé : Fabien et Nicolas nous emmènent à Volvic en Auvergne et Vittel dans les Vosges.
- Les outsiders : Les grands acteurs du numérique masquent leur énorme consommation d’eau,
gouffre hydrique si l’on tient compte de l’extraction des matières premières (métaux, terres rares), de la fabrication des composants électroniques, du refroidissement des data centers...
Leurs ”solutions” font appel à des techniques onéreuses et consommatrices d’énergie (dessalement eau de mer, retraitement eaux usées, filtration impuretés).
Les alternatives proposées par l’agriculture paysanne et les hydrologues rappellent la nécessité de régénérer les sols et les cycles de l’eau dans les écosystèmes. Elles remettent en cause les choix politiques et économiques actuels.
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