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    Emissions des dernières semaines :

    28 novembre 2022 Luttes sociales

    Nader, compagnon anarchiste d'origine iranienne, est notre invité. Il donne des informations sur l'énorme mouvement social qu'une répression féroce n'arrive pas à stopper.
    La mort le 16 septembre, après 3 jours de coma suite aux coups infligés par la police, de Mahsa Amini, jeune femme kurde de 22 ans, a enclenché des manifestations partant de sa ville kurde natale, Saghez, puis s'étendant dans tout le pays. Pendant ses obsèques, le slogan kurde « Femme, Vie, Liberté » a été partout repris, en persan, turc, arabe : il vient des femmes du Rojava combattant Daech.
    L'étendue géographique et sociale est sans précédent depuis la révolution de 1979 : les femmes, principales initiatrices, ont rapidement été rejointes par des jeunes, des ouvriers, des syndicats clandestins... Les actions menées simultanément dans plusieurs quartiers et différentes villes compliquent l'action des forces de répression (tirs à balles réelles, chasses à l'homme, arrestations massives) obligées de se disperser entre de nombreux lieux. L'injonction du guide suprême Khaménéi « Qu'on en finisse ! » n'est pas suivie d'effet.
    Révolte ou révolution ?
    Djaafar Azimzadeh, de l'« Union Libre des Ouvriers d'Iran », basée dans le pays mais interdite, écrit dans un article « Insurrection du peuple d’Iran, une grande Révolution historique » :
    « Cette Révolution aura de gigantesques conséquences non seulement en Iran mais dans tout le Moyen-Orient et même dans le monde. C’est une Révolution pour les libertés et l’égalité. Cette Révolution est celle des femmes, des jeunes, des adolescents, des ouvriers, des enseignants et des écoliers de l’ère informatique et d’échanges d’informations mondiales ».

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    21 novembre 2022 Liberthèmes

    Alain Gras, notre invité, s'intéresse à la socio-anthropologie des techniques. Il a récemment publié La servitude électrique, du rêve de liberté à la prison numérique.
    Il s'intéresse à la question de l'énergie dans notre société thermo-industrielle : « Nous vivons aujourd’hui la fin de la période de grande abondance matérielle fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et à bon marché ».
    Le « Pacte Vert » européen nous promet pour 2050 une société « juste et prospère, dotée d’une économie moderne, efficace dans l’utilisation des ressources, leader mondial dans le domaine de  l’économie verte au cœur d’une croissance durable et inclusive » : la taxonomie verte inclut le gaz et l'énergie nucléaire.
    Les politiciens et une partie des écologistes présentent l'électricité comme une « énergie propre » permettant la transition énergétique.
    En réalité l'électricité est un « vecteur énergétique » qui transporte une énergie produite ailleurs : l’électrification du système énergétique, ainsi que la mobilité électrique vont générer la construction accélérée de centrales thermiques et nucléaires :
    → L'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans Le Futur est électrique présente un scénario pour 2040 qui prévoit 950 millions de véhicules électriques et l'augmentation de 50 % de la production de centrales à combustible fossile ou nucléaire.
    → La Chine prévoit la construction d'un énorme parc de centrales à charbon pour alimenter ses « autoroutes de l'électricité » et projette d'être le leader mondial des véhicules électriques.
    Alain Gras nous invite à réfléchir et agir pour la sobriété énergétique dans un « monde post-croissant et post-fossile » empreint de « justice écologique et sociale ».

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    14 novembre 2022 Liberthèmes

    Campagne contre la guerre et le militarisme
    La résilience nouvelle religion d'État : on ne s'attaque pas aux causes d'un désastre, on en absorbe les conséquences et les intègre dans notre mode de vie. La fatalité de leur déclenchement doit nous amener à se préparer au pire sans jamais se révolter contre ses raisons.
    Ce concept a fait florès dans certains milieux écologistes - depuis les effondristes jusqu'au capitalisme vert - prétendant notamment sauver le climat grâce à l'énergie nucléaire, avant que le gouvernement ne s'en fasse le principal promoteur :
    → Intervention de l'armée contre la Covid, baptisée « Résilience »,
    → loi « Climat et résilience »,
    → mission parlementaire sur la résilience nationale,
    → « Plan de résilience économique et sociale » dans le contexte de la guerre en Ukraine,
    → « Journée nationale de la résilience » le 13 octobre.
    La grande Muette est en première ligne, notamment dans le texte « Force des armées et résilience de la communauté militaire ». C'est un membre de la commission de la Défense nationale, Thomas Gassilloud, qui a présenté le rapport de la mission parlementaire « Engagement et résilience de la nation » dans lequel est affirmé la nécessité « d'envisager les chocs de toute nature auxquels le pays doit se préparer et d'éduquer les citoyens à être des bons soldats au service d’une défense totale de la nation ». Pour contribuer à la résilience nationale, il faut « des hommes et des femmes susceptibles d'intervenir en première ligne en cas de crise grave ».
    Sont préconisés le port de l'uniforme dans les écoles et la généralisation du Service national universel, objectif affiché du Ministre de la défense, Serge Lecornu, afin de préparer un « peuple résilient face aux nouvelles menaces sur la sécurité ».
    Nous recevons Thierry Ribault, qui analyse cette technologie du consentement dans son ouvrage Contre la résilience à Fukushima et ailleurs.
    Ne nous résilions pas, agissons !

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