116 ans après sa création, 90 ans après le début de la révolution, 50 ans après sa renaissance, l’anarchosyndicalisme est toujours actif et bien vivant en Espagne :
- 1910 : création de la ”Confederación Nacional del Trabajo Solidaridad Obrera” à Barcelone. La CNT comptera 800 000 adhérents en 1919, 2 millions en 1937.
- 1927 : création de la ”Federación Anarquista Ibérica”, pour lutter contre le réformisme et les infiltrations communistes, et protéger les militants contre les tueurs étatiques et patronaux (pistoleros). La FAI comptera 150 000 membres en 1937.
- 1932 : création de la ”Federación Ibérica de Juventudes Libertarias”. La FIJL comptera 120 000 membres en 1937.
- 1936
Avril : création de Mujeres libres, qui comptera 20 000 membres en 1937.
Mai : Unité de la CNT autour du communalisme libertaire au Congrès de Saragosse,
- Juillet 1936 - Mars 1939 : collectivisations ouvrières et paysannes, lutte armée contre les fascistes
”Les révolutions ne sont pas faites par quelques individus mais par tous : c’est le peuple qui les fait et non le Parti. C’est de là qu’est sortie la révolution, une des plus grandes révolutions de l’histoire. La lâche attitude des partis politiques espagnols n’était que le reflet de la lâcheté générale de la démocratie internationale, ce qui stimula le déploiement du fascisme.”, José Peirats.
- 27 mars 1976 : après 37 ans de fascisme et quelques mois après la mort du dictateur, renaissance de la CNT à Madrid célébrée le 2 juillet 1977 par plusieurs centaines de milliers de personnes à Barcelone ; 300 000 adhésions dont 100 000 en Catalogne.
Les pactes de la Moncloa d’octobre 1977 ouvrent la ”période de transition” vers le libéralisme économique et la démocratie parlementaire, soutenus par l’opposition politique (communiste et socialiste) et syndicalisme réformiste (UGT, Commissions ouvrières). La CNT est seule à ne pas les signer.
Les conflits internes à la CNT, qui avaient pu être surmontés provisoirement à Saragosse, conduisent à une scission en 1980 : CNT-AIT et CNT rénovée, qui devient CGT en 1984.
Nicolas, Serge et Daniel, au téléphone depuis l’Espagne, apportent des éclairages sur tous ces événements.
En avril 1923, les trois organisations qui se réclament de l’anarchosyndicalisme, CNT-CGT -Solidaridad Obrera, ont signé un pacte pour une ”unité de lutte”. Un espoir pour l’avenir ?
José Peirats l’exprimait déjà en 1972 :
”La révolution, enterrée sous une grosse couche de cadavres constamment renouvelés, va germer un jour avec la force des bonnes graines bien traitées. Attendons la fin de l’hiver et la fonte des neiges”.
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