• Trous Noirs ? Comment ça marche ?... Infos


    Emissions à venir :

    24 juin 2019 Luttes sociales

    On va tout péter, titre explosif dʼun film documentaire diffusé ce même jour sur Arte, repris du slogan tagué par les ouvriers de lʼusine GM&S dans la Creuse, voisinant bouteilles de gaz et bombe artisanale amorcée. Depuis décembre 2016, les 277 ouvriers de cette fabrique de pièces automobiles tentent de sauver leur emploi : « Le système a peur des gens comme nous, qui se battent pour leur survie ».
    Pendant deux ans le réalisateur Lech Kowalski sʼest installé en Creuse avec Odile Allard, productrice de Revolt Cinema Depuis lʼoccupation de lʼusine jusquʼà diverses actions directes, il a accompagné tous leurs combats  : « Ce film montre une facette souvent peu vue de la lutte et du quotidien de ceux et celles qui la mènent. Il est important que cous continuions le combat et que nous fassions connaître les injustices que nous avons subies », un GM&S.
    Une quarantaine sont venus à Cannes à lʼoccasion de la présentation du film à la Quinzaine des réalisateurs. Dans ce combat perdu dʼavance (les salaires en Bulgarie sont cinq fois plus faibles), ils sont repartis, espoir et dignité symbolisés par leur poing levé, entourant Lech Kowalski très ému : « Notre film est le témoignage dʼun monde en voie de disparition. Mais le cinéma sera toujours là pour en conserver une trace ». Un salarié de GM&S sera dans nos studios avec Lech, Odile et aussi Patrick, du Comité de rédaction du Monde Libertaire.

    ~ ~ ~ ~

    1 juillet 2019 Anarchie et anarchistes

    Le « Confédéralisme démocratique », organisation sociale mise en œuvre au nord de la Syrie, la « Commune des communes » évoquée par certains Gilets Jaunes, ont-ils été influencés par les idées de lʼanarchiste américain Murray Bookchin, décédé en 2006 ? En tout cas ses écrits sont connus aussi bien au Rojava quʼà Commercy (Meuse).
    Pour comprendre le renouveau dʼintérêt pour ses propositions, il est nécessaire de rapprocher sa vie et ses engagements militants de la logique dʼune pensée qui évolue de lʼécologisme social au municipalisme libertaire.
    Ses parents anarcho-syndicalistes avaient quitté la Russie après 1905. Engagé dans le syndicalisme (CIO), il constate le corporatisme de lʼessentiel du mouvement ouvrier américain. À partir des années 1950, il sʼengage dans les luttes écologiques, et dénonce ce qui apparaît aujourdʼhui aux yeux de tous : destruction de la nature, pollution, urbanisation, pillage des ressources, aliénation par le travail industriel, obsolescence programmée... Mais il dénonce les partis écologiques, sans ambition révolutionnaire et qui collaborent en fait au maintien du capitalisme : « Il faut remplacer le capitalisme par une Société écologique fondée sur des relations non hiérarchiques, des communautés décentralisées, des technologies écologiques comme lʼénergie solaire et lʼagriculture biologique, et des industries à taille humaine ».
    Pour « transformer les visions de réforme sociale en visions de reconstruction radicale de la société », il préconise à partir des années 1980 le municipalisme libertaire : « Le municipalisme libertaire, forme évoluée de lʼaction directe, est à la fois un objectif historique et un moyen cohérent pour arriver à la Commune des communes révolutionnaire ». Dans une commune ou un quartier urbain, lʼassemblée populaire permet de prendre toutes les décisions concernant ses habitants. Par le fédéralisme libertaire les problèmes incombant à plusieurs de ces entités sont débattus au niveau correspondant (local, régional, national, international).
    Pour échanger autour de ces thèmes, qui traversent certains mouvements sociaux actuels, Patrick du Comité de rédaction du Monde Libertaire et Annick Stevens, qui a notamment écrit la préface du livre de Janet Biehl, compagne de Murray Bookchin, Le municipalisme libertaire – Politique de lʼécologie sociale.

    ~ ~ ~ ~

    ♪ ♫

    Emissions des dernières semaines :

    17 juin 2019 Liberthèmes

    James Scott est professeur de science politique et d'anthropologie à l'université Yale aux États-Unis. Ses précédents ouvrages parus en France, Zomia ou l'art de ne pas être gouverné et Petit éloge de l'anarchisme se situent dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber.
    Il contribue à mettre à mal les récits civilisationnels faisant de l'émergence de l'État l'outil que les humains auraient construit pour sortir de la « barbarie ». Dans son dernier livre, Homo Domesticus – Une histoire profonde des premiers États, s'appuyant sur de récentes découvertes en archéologie, il montre que « l'État est à l'origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l'a emporté sur les autres ».
    Il met à mal le « Grand Récit » dominant attribuant à l'État le « bien-être » apporté par l'irrigation, la domestication, l'ordre social. En réalité, la sédentarité a déjà existé plusieurs milliers d'années avant l'agriculture sédentaire, il a fallu attendre ensuite plus de 4 000 ans pour voir apparaître les premières cités-États, dans lesquelles l'État c'est le contrôle des populations, la servitude et la guerre. Monarque, prêtres et collecteurs d'impôts forment l'élite qui vit du travail forcé de ses habitants. Comprendre son origine, c'est découvrir qu'une autre voie était possible et qu'elle l'est encore aujourd'hui. Pour en parler avec nous Charles Macdonald, auteur du livre passionnant L'Ordre contre l'Harmonie – Anthropologie de l'Anarchie et Patrick, du Comité de rédaction du Monde Libertaire, dont le dernier numéro contient des recensions de ces deux livres.

    ~ ~ ~ ~

    3 juin 2019 Anarchie et anarchistes

    Les méfaits catastrophiques pour lʼhumanité et lʼenvironnement du capitalisme mondialisé apparaissent aux yeux de tous. Sa pérennité est assurée par les moyens de coercition des États (Police, Armée, Justice), mais aussi par une propagande tentant dʼinfuser dans les esprits la nécessité de garantir un Ordre nécessaire pour encadrer une « nature humaine » mauvaise. Cette absence apparente dʼalternative sʼappuie aussi sur les pratiques parlementaires et gouvernementales de la « gauche », y compris « radicale ». Pour contrer ces discours et ces pratiques, des anthropologues (David Graeber, James C. Scott, Charles Macdonald) montrent que lʼhumanité a su sʼorganiser avec Harmonie pendant des milliers dʼannées, mais aussi plus récemment pendant quelques Brèches de lʼHistoire. Parmi les anarchistes qui ont ouvert des pistes pour une autre organisation sociale au lendemain de la révolution, Pierre Kropotkine a écrit une série dʼarticles dans Freedom pendant son séjour en Angleterre, proposant notamment de penser lʼéconomie depuis la consommation. Renaud Garcia, notre invité, en a assuré la traduction et les présente dans un livre stimulant récemment paru : Agissez par vous-mêmes.

    ~ ~ ~ ~

    27 mai 2019 Luttes sociales

    Depuis plus de six mois, se déploie un mouvement dont « la principale caractéristique est le rejet de la représentation politicienne et a fortiori des leaders autoprocalmés : sur les ronds-points occupés dʼinventent de nouveaux modes de socialisation » (Communiqué de la Fédération anarchiste du 9 décembre). Dans notre émission du 17 décembre nous avions plusieurs invités, parmi les premiers à en saisir lʼoriginalité :
    Comprendre ce qui se joue dans ce mouvement de révolte incontrôlable, que personne nʼavait vu venir : dʼoù vient ce « péril jaune », qui fait descendre Jupiter de son Olympe, déroute les partis politiques, désoriente certains « intellectuels » englués dans leur mépris, dissémine les forces de répression sur des centaines de foyers de la colère  ? Son refus de toute mise en cause de son autonomie, son aspiration à la démocratie directe, ouvrira-t-il la voie vers un projet émancipateur, fédérant les « Cahiers de doléances » qui se discutent ici et là ?
    Certains dʼentre eux commencent à sʼen préoccuper : « Nous devons retrouver notre souveraineté en inventant dʼautres formes dʼorganisation » (gilets jaunes gascons) ; « Nous appelons à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières ».
    Pour en parler avec nous : Pierre Bance, qui réagit avec passion dans « Lʼheure de la commune des communes a sonné », Freddy Gomez, dont le site acontretemps.org publie plusieurs textes et qui sʼinterroge sur « Lʼhiver des métamorphoses ? » et Mohamed, animateur de l’émission « La santé dans tous ses états ».

    ~ ~ ~ ~

    ♪ ♫