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    Emissions des dernières semaines :

    15 juillet 2019 Liberthèmes

    Les « Reclusiennes », organisées à Sainte-Foy-la-Grande, lieu de naissance du géographe anarchiste Élisée Reclus, avaient cette année pour thème « le travail ».
    Un des thèmes abordé était le travail numérique (digital labour). Celui-ci regroupe toutes sortes d'activités non reconnues, mal rémunérées, de travail de l'ombre, impliquant un grand morcellement des tâches : économie collaborative (Uber, Airbnb...), micro-travail payé à la tâche (Amazon Mechanical Turk, Upwork...), médias sociaux (Facebook, You Tube...), objets connectés, « click-farmers » alimentant des algorithmes, etc.
    Aux États-Unis par exemple, cette forme de travail connaît une très rapide expansion et représente plus de 16 % de la force de travail. Il s'adresse en majorité aux femmes et aux minorités.
    Trois intervenants en parlent : Patrick Singolani (sociologue), David Pucheu et Jacob Matthews (sciences de l'information et de la communication).
    Pour se remettre de ce grand accroissement de l'aliénation au travail, ont été projetés des extraits du documentaire sur l'Espagne rouge et noire, quand le travail de la terre et des usines était repris en mains par la CNT : Un autre futur. Écoutez les échanges qui ont suivi avec le réalisateur Richard Prost.

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    1 juillet 2019 Anarchie et anarchistes

    Le « Confédéralisme démocratique », organisation sociale mise en œuvre au nord de la Syrie, la « Commune des communes » évoquée par certains Gilets Jaunes, ont-ils été influencés par les idées de lʼanarchiste américain Murray Bookchin, décédé en 2006 ? En tout cas ses écrits sont connus aussi bien au Rojava quʼà Commercy (Meuse).
    Pour comprendre le renouveau dʼintérêt pour ses propositions, il est nécessaire de rapprocher sa vie et ses engagements militants de la logique dʼune pensée qui évolue de lʼécologisme social au municipalisme libertaire.
    Ses parents anarcho-syndicalistes avaient quitté la Russie après 1905. Engagé dans le syndicalisme (CIO), il constate le corporatisme de lʼessentiel du mouvement ouvrier américain. À partir des années 1950, il sʼengage dans les luttes écologiques, et dénonce ce qui apparaît aujourdʼhui aux yeux de tous : destruction de la nature, pollution, urbanisation, pillage des ressources, aliénation par le travail industriel, obsolescence programmée... Mais il dénonce les partis écologiques, sans ambition révolutionnaire et qui collaborent en fait au maintien du capitalisme : « Il faut remplacer le capitalisme par une Société écologique fondée sur des relations non hiérarchiques, des communautés décentralisées, des technologies écologiques comme lʼénergie solaire et lʼagriculture biologique, et des industries à taille humaine ».
    Pour « transformer les visions de réforme sociale en visions de reconstruction radicale de la société », il préconise à partir des années 1980 le municipalisme libertaire : « Le municipalisme libertaire, forme évoluée de lʼaction directe, est à la fois un objectif historique et un moyen cohérent pour arriver à la Commune des communes révolutionnaire ». Dans une commune ou un quartier urbain, lʼassemblée populaire permet de prendre toutes les décisions concernant ses habitants. Par le fédéralisme libertaire les problèmes incombant à plusieurs de ces entités sont débattus au niveau correspondant (local, régional, national, international).
    Pour échanger autour de ces thèmes, qui traversent certains mouvements sociaux actuels, Patrick du Comité de rédaction du Monde Libertaire et Annick Stevens, qui a notamment écrit la préface du livre de Janet Biehl, compagne de Murray Bookchin, Le municipalisme libertaire – Politique de lʼécologie sociale.

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    24 juin 2019 Luttes sociales

    On va tout péter, titre explosif dʼun film documentaire diffusé ce même jour sur Arte, repris du slogan tagué par les ouvriers de lʼusine GM&S dans la Creuse, voisinant bouteilles de gaz et bombe artisanale amorcée. Depuis décembre 2016, les 277 ouvriers de cette fabrique de pièces automobiles tentent de sauver leur emploi : « Le système a peur des gens comme nous, qui se battent pour leur survie ».
    Pendant deux ans le réalisateur Lech Kowalski sʼest installé en Creuse avec Odile Allard, productrice de Revolt Cinema Depuis lʼoccupation de lʼusine jusquʼà diverses actions directes, il a accompagné tous leurs combats  : « Ce film montre une facette souvent peu vue de la lutte et du quotidien de ceux et celles qui la mènent. Il est important que cous continuions le combat et que nous fassions connaître les injustices que nous avons subies », un GM&S.
    Une quarantaine sont venus à Cannes à lʼoccasion de la présentation du film à la Quinzaine des réalisateurs. Dans ce combat perdu dʼavance (les salaires en Bulgarie sont cinq fois plus faibles), ils sont repartis, espoir et dignité symbolisés par leur poing levé, entourant Lech Kowalski très ému : « Notre film est le témoignage dʼun monde en voie de disparition. Mais le cinéma sera toujours là pour en conserver une trace ». Un salarié de GM&S sera dans nos studios avec Lech, Odile et aussi Patrick, du Comité de rédaction du Monde Libertaire.

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